
Dragon Quest VII Reimagined
Il y a des jeux dont on se demande, des années plus tard, pourquoi ils ont autant marqué. Et d'autres qui reviennent, sous forme de « mea culpa », en acceptant de gommer les soucis du passé. C'est un peu le cas de ce Dragon Quest VII, un épisode à part dans la longue histoire de la saga, connu pour son aventure particulièrement longue et sa structure en petites histoires successives. Après une première refonte sur Nintendo 3DS, Square Enix revient encore sur son classique avec Dragon Quest VII Reimagined, en promettant cette fois une aventure plus accessible, plus moderne et surtout beaucoup moins chronophage. Alors, après une quarantaine d'heures passées à arpenter ses îles, est-ce que ces changements suffisent à sauver un classique de son passé ?
Une aventure en morceaux
Le principe de Dragon Quest VII reste finalement assez particulier. Notre héros et ses compagnons partent à la découverte d'un monde dont des morceaux entiers ont disparu, en voyageant entre différentes époques pour retrouver les fragments qui permettront de lui redonner vie. Chaque nouvelle destination devient alors l'occasion de découvrir une histoire, ses habitants et les problèmes auxquels ils sont confrontés, avant de repartir vers une nouvelle contrée.
Et c'est là que les ennuis commencent !
Car si certaines histoires fonctionnent parfaitement, nous donnent envie de découvrir ce qui va arriver et finissent même par créer de véritables liens avec les personnages rencontrés, d'autres, en revanche, sont beaucoup plus difficiles à suivre. On enchaîne les dialogues, les déplacements et les allers-retours avec cette désagréable impression de faire avancer l'aventure en pilote automatique. Sur l'ensemble du jeu, il y a finalement une bonne partie de ces histoires dont on se demande franchement quel intérêt elles ont.
La structure répétitive n'aide évidemment pas. Une nouvelle île, un nouveau problème, des allers-retours, une résolution, puis retour à l'aventure principale avant de recommencer. Le procédé peut fonctionner lorsque l'histoire proposée est intéressante, mais devient particulièrement lourd lorsque ce n'est pas le cas.
Heureusement, les personnages principaux parviennent parfois à donner un peu plus de relief à cette succession d'aventures. Si certains, comme le héros, restent difficiles à apprécier, peu caractérisés et ressemblant davantage à des coquilles vides, d'autres en revanche sont de véritables lurons ! C'est le cas de Maribel ou de Kyllian, au caractère bien trempé et disposant même d'un véritable destin original et étonnant.
Moins de grind, mais toujours aussi lent
C'était probablement l'un des principaux objectifs de cette version Reimagined : faire subir un régime à un RPG qui avait sérieusement besoin de perdre quelques kilos. Et sur ce point, Square Enix a effectivement fait le travail. La progression est plus confortable, l'expérience est moins pénible à gérer, les combats peuvent être accélérés ou automatisés et de nombreux ajustements de qualité de vie permettent de passer moins de temps à lutter contre le jeu lui-même.
Et c'est finalement assez paradoxal : Square Enix a réussi à rendre Dragon Quest VII beaucoup plus digeste dans ses mécaniques, sans réussir à impacter en profondeur la structure de l'aventure. Et si, manette en main, Dragon Quest VII Reimagined ne cherche pas non plus à réinventer le JRPG au tour par tour, ce n'est pas forcément un problème.
Les combats sont efficaces et plus agréables qu'auparavant, notamment grâce aux différentes options permettant de les accélérer ou de les automatiser. Le système de vocations reste également l'un des éléments les plus intéressants du jeu, puisqu'il permet de faire évoluer les personnages vers différentes classes et de construire une équipe adaptée à nos envies.
Pour le reste, on est en terrain connu. Très connu même. Dragon Quest VII Reimagined propose un JRPG parfaitement maîtrisé dans sa formule, mais qui ne cherche quasiment jamais à la bouleverser. Les combats fonctionnent, les jobs aussi, mais difficile d'y voir une véritable modernisation du genre.
Un joli lifting
Visuellement, en revanche, le changement est immédiatement perceptible. Dragon Quest VII Reimagined est un joli jeu, avec une réalisation nettement plus aboutie et une direction artistique qui donne à l'ensemble une vraie personnalité.
Le nouveau style ne fera cependant pas forcément l'unanimité. Il est plus tranché, plus moderne, avec cet aspect presque miniature qui fonctionne particulièrement bien sur les personnages et les environnements. On peut préférer cette approche ou regretter quelque chose de plus proche de l'esthétique traditionnelle de la série, mais Square Enix a au moins fait un vrai choix.
Sur Switch 2, le résultat est techniquement très propre et je n'ai constaté aucun problème particulier durant mon aventure. Rien qui vienne perturber l'expérience : le jeu est fluide, propre et agréable à parcourir.
Et puis il y a la musique. Difficile de parler de Dragon Quest sans évoquer les compositions de Koichi Sugiyama, et cette nouvelle version bénéficie de réarrangements orchestraux qui donnent une nouvelle ampleur aux thèmes historiques de l'épisode. Quelques notes suffisent pour retrouver immédiatement l'identité musicale de la série.
Dragon Quest VII Reimagined est probablement la meilleure manière de découvrir aujourd'hui cette aventure particulière. Square Enix a amélioré les combats, réduit le grind, ajouté de nombreuses options de confort et considérablement raccourci le voyage. Le résultat est plus accessible et plus agréable à parcourir.
Mais le principal problème reste là : Dragon Quest VII est une aventure terriblement inégale. Certaines îles sont passionnantes, certains personnages sont attachants et le système de jobs fonctionne toujours aussi bien. Mais d'autres histoires sont tellement longues et peu intéressantes qu'on finit par avancer presque machinalement, en attendant simplement de passer à la suivante.
Avec ses quelque 40 heures, Reimagined évite heureusement de transformer cette faiblesse en véritable épreuve d'endurance. Mais il ne réinvente pas suffisamment la formule pour faire disparaître les défauts qui pouvaient déjà nous agacer dans l'aventure originale.
- Les mécaniques de combat et le système de jobs
- Certaines îles et histoires particulièrement réussies
- Des personnages attachants et des relations fortes au sein du groupe
- Une direction artistique jolie et techniquement aboutie
- Des allers-retours permanents
- Une structure très répétitive
- Des histoires parfois passionnantes, mais d'autres franchement dispensables
Pour les joueurs souhaitant découvrir un morceau du passé, mais capables de faire abstraction des défauts de l'aventure.

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